Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

étymologie japonais tsu : port et nami : vague)

Le dernier en date en France:

Un important glissement de terrain sous-marin s’est produit le 16 octobre 1979 pendant les travaux pour l’élargissement de l’aéroport de Nice dans les bouches du Var. Le tsunami qui a suivi ce glissement a provoqué des vagues de deux mètres qui ont inondé la zone côtière de Nice et ravagé le front de mer, poussant des bateaux dans les rues de la ville, et causant la mort d’une dizaine de personnes. Plus près de nous, en mai 2003, suite à un glissement de terrain sous-marin causé par le tremblement de terre de Boumerdes (Algérie), des vagues hautes de plus de deux mètres ont atteint les Îles Baléares. Des centaines de bateaux ont été endommagés par le déferlement des vagues sur l’archipel. Des vagues de quelques dizaines de centimètres étaient arrivées jusque sur le littoral français.

UNE FORTE VULNÉRABILITÉ AUX TSUNAMIS QUI DEVRAIT CONDUIRE À UN ENGAGEMENT IMPORTANT DE LA FRANCE

Les côtes françaises sont toutes concernées par l'aléa tsunami, la France a donc intérêt au développement d'un système d'alerte au niveau international.

La France compte 5.800 km de côte en métropole. S'agissant de la côte française en Méditerranée, les événements suivants ont été répertoriés :

- Le 20 juillet 1564, un séisme a entraîné une inondation à Antibes et des dégâts à Nice ;

- le 4 février 1808, un flux / reflux fut observé à Marseille après un séisme ;

- le 9 décembre 1818, un séisme a entraîné de violentes vagues à Antibes ;

- le 23 février 1887, un séisme en mer Ligure a provoqué un retrait de la mer suivie de vagues qui sont montées jusqu'à 2 m d'altitude à Cannes et à Antibes, inondant les plages et causant des destructions matérielles ;

- le 16 octobre 1979, l'effondrement d'une partie de l'aéroport de Nice a entraîné des vagues de 3 m de haut sur Antibes ;

- le 21 mai 2003, le tsunami généré par le séisme de Boumerdès (Algérie), de magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter, a causé des dégâts dans certains ports français.

Ces deux derniers événements sont symptomatiques des événements qui pourraient affecter, à l'avenir, la côte d'Azur.

D'une part, un effondrement de terrain est susceptible d'engendrer un tsunami local, dont le délai de propagation serait très court. Dans le cas de l'aéroport de Nice, les travaux et l'instabilité de la zone se sont sans doute conjugués pour provoquer l'accident. De façon générale, en mer Ligure (de Fréjus à Menton pour la France), la côte est jugée instable et profonde, ce qui crée des conditions maximales de risque.

D'autre part, le contexte géodynamique de la côte méditerranéenne en fait une zone de danger. Un tremblement de terre provoquant un effondrement de terrain ou un séisme sous-marin pourrait générer un tsunami qui aggraverait l'événement. Un tel séisme pourrait se produire en mer Ligure, où il existe des failles actives. Il pourrait également avoir lieu en Algérie. Ainsi, le séisme de Boumerdès s'est produit à la zone frontière entre la plaque tectonique eurasienne et la plaque africaine, dans une région où la plaque africaine bouge vers le nord-ouest, contre la plaque eurasienne, à une vitesse de quelques millimètres par an. Le déplacement relatif de la plaque crée un environnement tectonique propice à des tremblements de terre de magnitudes élevées potentiellement générateurs de tsunamis de plusieurs mètres de haut, avec des délais d'alerte très courts (maximum une heure).

Outre la gestion de 6 stations sismiques dans le cadre du traité d'interdiction complète des essais nucléaires, Le CEA assure une surveillance sismique nationale et doit informer la protection civile dès qu'un séisme d'une magnitude supérieure ou égale à 4 est détecté sur le territoire national. Pour remplir cette mission, le CEA dispose d'un réseau sismique numérique, constitué de 40 stations dont les données sont transmises en temps réel au centre national de données de Bruyères-le-Châtel. Ce réseau fait l'objet d'une surveillance automatique susceptible de diffuser des alertes techniques en cas de défaillance des logiciels ou du système de transmission. Le CEA a également à sa disposition une équipe d'ingénieurs d'astreinte 24h/24, 365 jours/an composé d'une douzaine de sismologues, de trois ingénieurs informaticiens et d'une dizaine d'ingénieurs chargés du suivi et de la maintenance des réseaux. Ces personnels disposent de tous les moyens nécessaires à la maintenance des réseaux et au traitement des données (ordinateurs portables, liaisons télématiques numériques, véhicules, etc.).

Le CEA abrite également dans ses locaux le centre sismologique euro-méditerranéen (CSEM). Ce dernier collecte en temps réel les bulletins sismiques en provenance de 59 organismes et réseaux différents utilisant des données de 1700 stations, les archive et les diffuse aussitôt sur son site internet. Sont accessibles non seulement la liste des séismes avec leur localisation, leur profondeur et leur magnitude, mais également des cartes permettant de visualiser la localisation des séismes. En outre, selon la magnitude observée, le CSEM est chargé de la diffusion de messages d'alerte en direction du Conseil de l'Europe et de centres de protection civile dont la liste est prédéfinie.

Autres Tsunamis observés en France

Vous pouvez également suivre les derniers évènements sismiques sur ce lien :

Les tsunamis peuvent être provoqués par des séismes sous-marins, des explosions volcaniques ou encore des glissements de terrain, sur terre ou sous la mer. Afin d'être efficace, tout système d'alerte doit s'appuyer sur une sensibilisation des populations. Un tsunami originaire des côtes de l'Afrique du Nord met en effet moins d'une heure à atteindre les côtes méditerranéennes françaises.

35 marégraphes sont donc désormais installés dans les ports de l'Hexagone, contre 7 en 2004. Mais, faute de moyens, aucun tsunamimètre ne surveille le large. "Leur achat, leur mise en place et leur entretien coûte plus de 500 000 euros", précise François Schindelé, président du Groupe intergouvernemental de coordination des systèmes d'alerte en Méditerranée et en Atlantique Nord. Un centre d'alerte métropolitain est aujourd'hui opérationnel 24h sur 24 à Bruyères-le-Châtel (Essonne). Ce centre travaille avec les centres de Grèce et de Turquie et, à partir de 2015, avec l'Italie et le Portugal. Ils échangent des données sismiques avec la Tunisie et le Maroc. Seul point noir : l'Algérie qui, pour des questions politiques, ne communique pas ses données, alors que le pays tremble régulièrement.

ENTRAÎNEMENT. Un budget de 34 millions a été débloqué jusqu'à la fin de l'année (2015) pour mieux gérer l'alerte "descendante" et ainsi informer la population, équiper la Sécurité civile de porte-voix, améliorer le fonctionnement des sirènes... Des exercices sont régulièrement organisés, dans lesquels la population est amenée à réagir à une fausse alerte comme si c'était une vraie. Comme ailleurs dans le monde depuis 2006. Les derniers se sont déroulés en septembre dans l'océan Indien, fin octobre en Méditerranée et en Atlantique, paraît-il avec succès. Mais en a-t-on vraiment entendu parler ?(source publié dans Sciences et Avenir n°815 (décembre 2014) dans un dossier intitulé "Les tsunamis sous surveillance renforcée".)

Tag(s) : #Changements terrestres

Partager cet article

Repost 0